Mes rayons de soleil pour les jours de pluie

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Ammie avait déjà presque vingt mois lorsque nous lui avons présenté Calhoun, le petit compagnon que nous avions choisi pour elle. C’était pour nous le début d’une  aventure inédite car pour la toute première fois nous allions  vivre avec deux chiens en même temps.
Semblable idée ne nous serait sans doute jamais venue à l’esprit si notre douce Ammie ne s’était rapidement révélée être une petite bête, sans doute adorable, mais terriblement craintive et anormalement attachée à la semelle de mes chaussures!
Peut-être qu’un compagnon bien choisi, qui n’aurait peur ni de son ombre ni que le ciel lui tombe sur la tête, deviendrait-il à l’usage une sorte de mentor pour Ammie et, à tout le moins,  un gentil compagnon de jeux?
Sans doute parviendrait-il  au moins à lui faire oublier  quelques-unes de ses angoisses et à lui faire accepter de vivre parfois un peu avec lui, c’est-à-dire, en fait, un peu sans moi?

De fait, au contact du drôle de petit compagnon que nous lui avions imposé, notre douce Ammie a fait beaucoup de progrès. Bien que toujours dramatiquement craintive face à tout ce qui était à la fois humain et inconnu, elle se laissait cependant beaucoup plus rapidement apprivoiser que par le passé et surtout, elle paraissait très heureuse de partager courses et jeux avec Calhoun.

Bien sûr, Ammie jolie veillait jalousement sur ce qu’elle considérait comme ses prérogatives – elle mangeait la première, elle refusait absolument que Calhoun occupe la partie de la corbeille de couchage qu’elle s’était attribuée, elle ne tolérait pas qu’il se permette de se coucher entre elle et moi sur le canapé du salon- et Calhoun se gardait bien de lui contester ces privilèges… bien qu’en revanche il ne se soit jamais gêné  pour la pousser hors de son champ d’action lorsqu’il s’agissait de procéder à un prélavage dans le lave-vaisselle!
Mais lorsqu’il y avait distribution de friandises, mes deux teckels assis à mes pieds, attendaient tous deux patiemment leur tour sans jamais essayer d’intercepter ce qui était destiné à l’autre.

Calhoun est un perpétuel explorateur et passe de nombreuses heures de ses journées à arpenter le jardin, truffe au ras des pâquerettes, sur la piste de ses proies… réelles ou imaginaires. Ammie, elle, était plus casanière et ne consentait pas souvent à quitter la maison si je n’étais pas dehors avec elle.

A quel signal invisible obéissaient-t-ils pour se jeter tout soudain l’un sur l’autre et s’engager dans une de ces bagarres pour rire que nous ne nous lassions pas d’observer?
Elles s’inscrivaient visiblement dans une stratégie commune et obéissaient à des règles précises. Des postures et des mouvements codifiés, des grognements bien différenciés: tout l’attestait.
Jamais ils ne se sont fait mal et même lorsque Calhoun n’était qu’un minuscule chiot, leurs jeux qui nous semblaient pourtant violents n’ont eu la moindre conséquence fâcheuse.

Ammie adorait se lancer dans des courses éperdues et des jeux sans fin avec Calhoun mais, curieusement, si un autre chien était présent, elle se retirait aussitôt de la scène et se contentait d’observer les deux chiens qui jouaient ensemble.
Mais qu’elle n’aie surtout pas eu l’impression que Calhoun était en difficulté car elle se précipitait alors à son secours, quitte à se mettre elle-même en danger.
Il me semble d’ailleurs que bien qu’il ait évidemment grandi, elle continuait de le considérer comme son chiot!
Je n’en veux pour preuves que l’air étonné avec lequel elle regardait parfois le jeune fou s’ébattre dans le jardin, la technique éprouvée avec laquelle elle posait la tête sur lui lorsqu’ils étaient couchés l’un contre l’autre dans leur corbeille et qu’elle voulait dissuader d’un léger grognement la main qui s’approchait pour le toucher, la rapidité avec laquelle elle répondait à certains de ses aboiements -ceux qui l’alarmaient sans doute-  en se précipitant à ses côtés.

Pourtant, je suis restée jusqu’au bout, et de très loin, ce qui l’intéressait le plus au monde et j’avais appris, de longue date, à ne jamais faire un pas sans avoir ma petite chienne sur les talons.
Il m’aura fallu beaucoup de temps pour m’habituer au vide de son absence puisque, telle mon petit ange gardien, elle veillait sans cesse sur moi, me quittant rarement des yeux, anticipant chacun de mes gestes pour m’accompagner dans le moindre de mes mouvements.
Ma douce Ammie n’est pas le premier des compagnons à quatre pattes que j’aie eu la tristesse de perdre…
Cependant, malgré la présence réconfortante de notre adorable petit Calhoun, sa disparition aussi injuste que violente  m’a  pour longtemps laissée inconsolable.

Ammie était le plus adorable des teckels nains à poil dur. Née le 2O juillet 2005, elle nous a quittés bien trop vite, le 12 octobre 2009, non sans nous avoir offert quatre années de bonheur.  

Calhoun est, lui aussi, un mignon teckel à poil dur miniature, né le 1er janvier 2007.
Arrivé parmi nous le 15 mars suivant, il n’aura hélas partagé la vie de notre Ammie jolie que pendant un peu plus de deux ans et demi et a dû apprendre à vivre sans sa petite compagne de jeux.

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01. Ammie et Calhoun

7. Calhoun et Ammie

04. Jamais l'une sans l'autre  03. J'ai deux Zamours

REQUIEM

Requiem pour Ammie