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La Terre est bleue comme une orange disait Eluard dans un poème mille fois commenté.
Et l’on dit que le premier homme à voyager dans l’espace – qui n’avait probablement pas lu L’amour la poésie – se serait étonné que la terre fût si bleue et se serait exclamé en la découvrant de si loin: « On dirait une orange! »

Ce qui donne tout de même à réfléchir sur ce que sont les apparences et l’essence des choses, ne trouvez-vous pas?

C’est en tout cas ce que nous indique clairement à entendre le petit conte que voici et dont j’ignore l’origine.

La vague

« Je me sens triste ! dit une vague de l’océan en constatant que les autres vagues étaient plus grandes qu’elle. Les vagues sont si grandes, si vigoureuses et moi je suis si petite, si chétive! »

Une autre vague lui répondit :
- Ne sois pas triste.
Ton chagrin n’existe que parce que tu t’attaches à l’apparent, tu ne conçois pas ta véritable nature.

- Ne suis-je donc pas une vague ? »
- La vague n’est qu’une manifestation transitoire de ta nature. En vérité tu es l’eau.

- L’eau ?

- Oui. Et si tu comprends clairement que ta nature est l’eau, tu n’accorderas plus d’importance à ta forme de vague et ton chagrin disparaîtra.

Belle leçon de sagesse, me semble-t-il!
Et, qui sait? Peut-être la clef du bonheur, sur cette Terre…
cette Terre qui est bleue comme une orange!

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La Vague Courbet 1869