J’avais été éblouie, il y a bien longtemps de cela, par l’extraordinaire présence à l’écran d’Emmanuelle Riva dans le rôle que lui avaient offert Marguerite Duras (pour le scénario et les dialogues)  et Alain Resnais (pour la mise en scène)  dans Hiroshima mon amour.

Le film sortit en 1959 mais,  trop jeune à l’époque, je ne devais le découvrir que quelques années plus tard…  grâce à mon prof de Philo.

En 2013, le sourire et la voix de la désormais vieille dame (qui fêtait ses 86 ans ces jours-ci) sont intacts, sa présence sur la scène du Châtelet aussi forte  que par le passé. Et la récompense qu’elle y  reçoit (le César de la meilleure actrice) pour sa prestation dans Amour,  le très beau film de Mickaël Haneke (César du meilleur film) n’est pas seulement l’hommage rendu par ses pairs à une artiste  de qui la longue carrière n’a sans doute pas été suffisamment mise en lumière.
C’est aussi, c’est surtout, la juste reconnaissance du  travail d’une comédienne de grand talent, extrêmement  exigeante et ô combien courageuse.

A ses côtés, magnifique de force et de fragilité confondues,  émouvant comme jamais sans doute, Jean-Louis Trintignan reçoit le César du meilleur acteur et ce n’est que justice.

Quant à la spectatrice que je suis et  bien que le film soit en fait extrêmement douloureux à « vivre », je reçois en partage un moment de vrai bonheur!

Merci les artistes!

Amour